Bienvenue à tous!

On vous avez dit que Rock'Hand'Roll suivrait les moindres pas des joueuses.

Pour le tour principal du Mondial, elles ont changé d'endroit, et nous aussi.
Désormais, vous pourrez suivre les coulisses de la compétition à une nouvelle adresse, http://rockhandroll.blogs.liberation.fr/. Pour les fénéants, voici le lien:
Rock'Hand'Roll

A tout de suite pour de nouvelles aventures!




C'est parti!
Les joueuses suent, les organisateurs paniquent, les journalistes bavardent. D'autres sont déjà plongés dans le feu de l'action. Comme Chabala, la mascotte, en vadrouille depuis des mois. Ou nous, plus modestement, qui couvrons l'événement depuis les bancs de touche.
92 matches en quinze jours. Et autant d'à-côtés. Portraits, reportages, échos, interviews, vidéos et podcasts...
Découvrez nos rubriques sur les dessous du Mondial féminin:
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jeudi 6 décembre 2007

K .... comme Kung Fu

oui, vous avez bien entendu , le Kung Fu à la côte chez les handballeuses également.

Un terme japonisant qui fait allusion à l’envolée réalisée lors de ce geste technique très impressionnant. La joueuse intercepte la balle en vol, au dessus de la zone des six mètres, et tire avant de retomber. Une action très spectaculaire et souvent efficace. C'est LA spécialité des équipes amatrices de « show », et de folklore. Pour apercevoir un beau Kung Fu, il est recommandé de ne manquer aucun match de l’équipe brésilienne !

lundi 3 décembre 2007

C comme Colle...


"J'en ai plein les doigts!" Une rengaine chez les handballeuses. Les doigts qui collent, le cauchemar de ces dames. Car le petit ballon n'est pas si ridicule, et le tenir dans la main relève parfois de l'acrobatie. La parade existe cependant: la colle, autrement dénommée résine. Appelations toxicomanes rappellant à quel point le stratagème est utile. 1O euros la dose, selon la qualité, sur le net. Le produit, qui s'applique sur les paumes, permet une adhérence surnaturelle. Pas des ventouses, mais presque.

La joueuse de hand ne se promène pas pour autant sur le terrain avec un pot de colle dans la poche. Imaginez quels dégâts pourraient advenir en cas de choc avec une adversaire. Pour éviter un surplus de siamoises, la handballeuse a trouvé l'astuce: un bout de sparadrap sur la chaussure, qu'elle badigeonne de résine. Un réservoir dans lequel elle puise allégrement. En match, la colle, ça peut brûler ceux d'en face...

Si cette Congolaise peut tenir la balle de cette manière contre l'Espagne, hier à Nîmes, c'est tout simplement grâce à notre substance qui ne laisse pas de trace et qui part au premier lavage. En plissant des yeux ( pour les myopes), on aperçevrait presque la résine sur ses baskets.

D comme ... Défense

La compétition a débuté, mais nous continuons à vous donner quelques clefs pour comprendre les bases du jeu. Petit coup de projecteur sur la défense.

Si les Françaises doivent aller loin dans ce championnat du monde, leur succès sera sans aucun doute bâti sur la défense. La défense, secteur clef du handball, base de lancement d'une bonne attaque.

Evidemment, il existe plusieurs types de défense. La plus répandue, celle qu'on appelle en 1-5. Ni voyez rien de barbare, il s'agit simplement, comme au foot (le fameux 4-4-2), de traduire la position de joueuses sur le terrain. Alors 1-5, c'est simple, ça veut dire cinq joueuses alignées le long de la ligne de 6 mètres (la zone) et une en position avancée, généralement le pivot, qui tente de gêner la circulation de balle entre les arrières et de "gratter" les ballons. C'est dans ce rôle que Jackson Richardson excellait.


Ensuite, l'autre type de défense assez commune est la 0-6. Là, toutes les joueuses sont alignées le long des 6 mètres et montent sur leur adversaire direct quand celle-ci a le ballon. Cette défense est en général utilisée par des équipes physiques qui mettent beaucoup d'intensité dans leur jeu. Aux championnats du monde, l'Allemagne, avec plusieurs joueuses qui culminent à plus de 1,80m, pratiquent la 0-6.



Enfin, tous les schémas sont envisageables en défense. Certaines équipes défendent ainsi en 2-4 (même principe, avec deux joueuses avancées), en 3-3, ou encore en tout-terrain, chaque joueuse collant aux basques de son adversaire. Ces tactiques sont généralement utilisées pour accentuer la pression. C'est d'ailleurs ce que les Coréennes ont fait, hier, face aux Paraguayennes, faibles techniquement, avec une défense en 3-3.

Illustration. Voici ce que peut donner une défense en 1-5 avec un pivot en avant, chapardeur de ballons de la trempe de Richardson:



Jack n'a pas perdu a main
envoyé par roucouletteetchabala

vendredi 30 novembre 2007

C comme Chabala…

Si, selon Julien Dupont, la roucoulette est le "Ferrero Rocher du handball", alors le chabala en est la Fraise Tagada.

Le chabala a beau avoir été inventé par les Polonais, cela ne l’empêche pas d’être l’un des gestes techniques les plus subtils du handball.

Il consiste pour l’attaquant à effectuer un tir lobé tout en finesse par-dessus le gardien, après avoir feinté le tir en force. Le gardien adverse, effrayé à l’idée de se prendre un missile en pleine face, cligne instinctivement des yeux. Lorsqu’il les rouvre, il est trop tard. L’attaquant a « cassé » son poignet, et donné une trajectoire en cloche au ballon qui se trouve alors au-dessus de la tête du portier, et s’apprête à rentrer dans le but - s’il ne s’y trouve pas déjà. Le gardien ne peut rien faire, le public exulte, subjugué par ce geste astucieux, rare, et plein de grâce.

Le chabala est parfois utilisé sur penalty. Comparable à la panenka en foot, le geste est alors aussi spectaculaire pour les spectateurs qu’humiliant pour le gardien.

L'œil de Denis

[très bientôt...]

En images

Ci-dessous, le Croate Ivano Balic chabalise le gardien de Ciudad Real.



Pour finir, un lob aussi spectaculaire que peu académique, qui n'a d'ailleurs plus grand' chose à voir avec le chabala. Les enfants, n'essayez pas de reproduire ce geste sur un terrain de hand, vous pourriez vous casser quelque chose.



Henri Seckel et Mathieu Grégoire

lundi 26 novembre 2007

P comme parade...

Suite de notre petit lexique illustré à l'usage des profanes. Aujourd'hui, la parade des gardiennes.

La tête comme un ballon


Les handballeuses ne sont pas des enfants de la balle. Pourtant, les gardiennes n’ont que les parades en tête. Ce sont elles qui font vibrer le public et pleuvoir les compliments.
Dit plus sobrement, les gardiennes de hand n’ont qu’une chose à faire une fois sur le terrain: empêcher les adversaires de faire trembler les filets. Gardiennes du temple (leurs cages), elles ne quittent des yeux ni le ballon, ni les adversaires, ni les lignes de jeu. C’est beaucoup pour une paire d’yeux, même entraînée.

Alors, pas d’autre choix que de se mettre à la place de la balle, et de cultiver ses réflexes. Les gardiennes respirent le cuir, caressent ses nervures, ressentent ses trajectoires. Jusqu’à se lever le matin avec un air de ballon qui vient de s’écraser sur le poteau. Un sacrifice nécessaire pour penser comme un ballon et réussir des numéros d’équilibriste sur la piste: parades réflexes, de haut vol ou parade au pied, l’esthétique ne compte pas. Au contraire de l'efficacité.

L'oeil de Denis

« La gardienne a un rôle fondamental. Sur l'action en temps réel, on imagine qu'un arrêt tient du réflexe. Quand une fille déclenche un missile à 4 mètres des cages à la vitesse de 80 km/h, on pense d'abord que la gardienne l'arrête parce qu'elle est au bon endroit, au bon moment. Un peu par hasard.

En fait, c'est bien le gardien qui fait tirer la joueuse là où elle le veut. De ses cages, c'est elle qui mène la danse. Quand elle effectue un arrêt, la gardienne voulait que la joueuse tire à cet endroit précis. Par exemple, en phase d'attente, elle va lever les bras très haut, comme si elle voulait éviter un lob. La joueuse, qui doit déjà se dépêtrer de la défense, va recevoir le signal et sera incitée à tirer en bas. La gardienne n'aura plus qu'à plonger. On appelle cela "appâter" la joueuse. Autre leurre classique, la gardienne va écarter les jambes, puis les resserrer instantanément au moment du tir. »

Pour le plaisir

Enfin, il existe des exceptions. Comme ici en Allemagne, où le gardien se prend pour Higuita. Mais bon, ça, c’est juste pour le cirque



R comme roucoulette...

Les voies du handball ne sont pas impénétrables, mais un petit rappel lexical n'est jamais superflu quand on en vient à déchiffrer le jargon des spécialistes. Avant de s'apesantir sur d'autres gestes, commençons par le "Ferrero Rocher du handball", l'exquise roucoulette.

Roucoulette et noix de coco

La roucoulette, évocation romantico-exotique d’un geste saccadé venu du poignet.

Une bonne roucoulette s’improvise, inopinée. Plantons le décor. L’ailière, cheveux au vent et défenseurs dans le vent, s’approche de la cage. La gardienne bloque le premier poteau. L’ailière moyen tergiverse : « Je lui tire dans les pieds ? Je l’allume dans les côtes ? Je lui rase la tête ? ». L’ailière label rouge, elle, laisse parler son bras. Elle s’élève dans les airs, attend de retomber et casse son poignet. Le ballon, vrillé, frappe le sol. Comme magnétisée, la sphère de cuir collant griffe le parquet et prend la direction des filets. Les spectateurs roucoulent : l’effet de manche a permis de contourner la gardienne.

L'oeil de Denis

« La roucoulette vient souvent de l'ailière. À droite ou à gauche, elle oblige la gardienne à fermer l'angle et se coller à son premier poteau. Avec la force du poignet, la joueuse met de l'effet dans le ballon, qui va rebondir à hauteur de la gardienne, sur l'extérieur. Ce tir, plutôt lent et au niveau des jambes de la gardienne, semble au départ sortir du cadre. Avec l'effet rentrant, il va au contraire revenir dans le but.

Des tireuses peuvent reprendre l'ascendant pyschologique sur la gardienne avec une belle roucoulette. On lui montre que même si on n'a pas d'angle, on arrive à en trouver un. Avant de déclencher, l'ailière laisse croire à la gardienne qu'elle va tirer en hauteur, avec un bras et une épaule placés suffisamment hauts. Ensuite, toujours dans la suspension, le bras et le poignet redescendent en dessous de la ligne de hanche, la main étant au-dessus du ballon. »


L'ailier espagnol Joanin Garcia à la manoeuvre, lors du championnat du monde 2005.


Juanin garcia roucoulette
envoyé par mentos89

Julien Dupont et Mathieu Grégoire